Tourné en moins d'un mois, c'est le film de la "nouvelle vague" par excellence. Ne serait-ce que parce qu'il réunit [url=http://www.biosstars.com/j/jean-luc_godard.html]Jean-Luc Godard[/url] à la caméra, [url=http://www.biosstars.com/f/francois_truffaut.html]François Truffaut[/url] au scénario et [url=http://www.biosstars.com/c/claude_chabrol/1/chabrol.htm]Claude Chabrol [/url]comme conseiller technique. Si À bout de souffle s'inscrit dans le registre du polar, c'est d'une manière bien à lui. Ici, ni mystère ni suspense. Seuls quelques aspects surnagent – le chapeau de Belmondo, les belles voitures, la figure de Bogart – ainsi que quelques scènes d'action (la filature de Poiccard, le meurtre du policier). La nouveauté radicale vient de ces longues scènes entre Michel et Patricia ([url=http://www.biosstars.com/j/jeanpaulbelmondo.htm]Bebel[/url] et Jean Seberg rayonnants) sur les Champs-Elysées, dans leur chambre d'hôtel ou dans l'appartement de la Suédoise. Mais la véritable originalité et la beauté envoûtante du film tiennent aussi à un parti pris novateur de mise en scène : caméra portée sur l'épaule, tournage en décors naturels, son direct. D'où cette impression de liberté et d'improvisation, renforcée par la musique du jazzman Martial Solal. D'où également la déclaration d'amour du metteur en scène de Pierrot le fou pour Paris. Les Champs-Elysées, le Quartier latin, la rue Campagne-Première, rarement la ville n'aura été captée avec autant de grâce et de vérité. --Sylvain Lefort